Partager sur facebook Partager sur twitter Imprimer la page Enregistrer la page en document PDF

La Garonne commence ici : protégeons-la !

Mis à jour le 30 novembre 2020

Mégots de cigarettes, emballages, lingettes... de nombreux déchets finissent dans la Garonne. Comment agir pour protéger le fleuve.

La Garonne est un fleuve assez unique en son genre, non pas tant par sa longueur (647 km) que par son estuaire, le plus grand d’Europe (75 km), et surtout par la variété et la rareté des espèces animales et végétales qu’elle abrite, dont l’habitat est menacé par des espèces invasives et l’activité humaine :

  • l’angélique des estuaires (grande fleur endémique des côtes atlantiques françaises pouvant atteindre 2 mètres de haut et colonisant les berges soumises au balancement des marées) ;
  • les poissons migrateurs de la façade atlantique (l’esturgeon européen, le saumon atlantique, la grande alose, l’alose feinte, la lamproie marine et la lamproie fluviatile) ;
  • des poissons sédentaires (la bouvière, le toxostome et la lamproie de planer) ;
  • le vison et la loutre d’Europe.

Un fleuve classé NATURA 2000

Les sites Natura 2000 visent à préserver la biodiversité en Europe. Ils sont désignés pour protéger un certain nombre d’habitats et d’espèces représentatifs de la biodiversité européenne. C’est pourquoi l’ensemble de la Garonne est inscrit au réseau Natura 2000, de ses sources espagnoles jusqu’à l’estuaire de la Gironde. En Europe, le réseau compte 27 522 sites et couvre 18 % des terres. La France, elle, compte 1 766 sites classés Natura 2000, ce qui représente près de 13 % du territoire terrestre métropolitain. L’enjeu est que ces sites bénéficient d’une gestion collective, équilibrée et durable des espaces, qui tienne compte des préoccupations économiques et sociales :

  • les activités humaines et les projets d’infrastructure sont possibles en site Natura 2000. Pour éviter les activités préjudiciables à la biodiversité, les projets susceptibles d’avoir des incidences sur les espèces et habitats protégés doivent être soumis à évaluation préalable ;
  • au quotidien, la gestion des sites Natura 2000 relève d’une démarche participative des acteurs du territoire. Un comité de pilotage définit pour chaque site des objectifs de conservation et des mesures de gestion qui sont ensuite mis en œuvre sous forme de chartes et des contrats co-financés par l’Union européenne.

Il est de notre responsabilité collective et individuelle de protéger la Garonne. Nous pouvons tous agir à notre niveau. De tout petits gestes peuvent faire beaucoup, à commencer par le fait de ne jamais jeter nos déchets ailleurs que dans les lieux appropriés.

Le danger des mégots

8 millions de mégots sont jetés chaque minute dans le monde ! Malheureusement, seulement 1/3 d’entre eux l’est dans un cendrier ou une poubelle. Pourtant, un mégot met entre 12 et 15 ans à se dégrader et libère au fur et à mesure de sa dégradation des milliers de polluants. En effet, parmi les 4 000 substances chimiques qui composent une cigarette, 2 500 sont toxiques et une bonne centaine cancérigènes, comme la nicotine, les phénols ou encore les métaux lourds.

Le parcours d'un mégot jeté par terre

Lorsqu’un mégot est jeté par terre, balayé par les pluies ou le vent, il finit dans un avaloir. Les substances nocives qu’il contient finissent alors dans le réseau d’assainissement qui n’est pas équipé pour les traiter.

Avec 4 200 km de canalisations, Bordeaux Métropole est l’un des plus grands réseaux d’assainissement de France :

  • 780 km de réseau unitaire « historique », situé dans les zones les plus anciennes de Bordeaux et de sa périphérie, qui collecte par une même canalisation les eaux usées et les eaux pluviales
  • 3 500 km de réseau séparatif, situé dans les zones urbaines développées plus récemment, qui collecte d’un côté les eaux usées domestiques et de l’autre les eaux pluviales.

Ce système complexe constitué de canalisations, de stations de pompage et de bassins de retenue oriente les eaux pluviales soit vers l’une des 6 stations d’épuration de Bordeaux Métropole (réseaux unitaires) soit vers le milieu naturel. La Garonne est la destination finale de toutes ces eaux ! 

Jeter dans la rue, c’est jeter dans la Garonne et, au-delà, dans l’estuaire et l’Océan. Pour préserver notre environnement proche, une seule solution : jeter nos déchets dans les poubelles prévues à cet effet !

4 200
km de canalisations métropolitaines

En septembre 2017, un rapport d’étude de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS) classait les mégots comme « déchets dangereux et écotoxiques ».

Pourtant, à Bordeaux, 200 millions de mégots continuent d’être jetés par terre chaque année ! Une catastrophe écologique quand on sait qu’un mégot, à lui seul, pollue de 500 à 1 000 L d’eau. La nicotine, pour ne citer qu’elle, est par exemple un véritable poison pour les animaux à sang froid comme les poissons. Rien de très surprenant lorsqu’on sait qu’elle est utilisée comme insecticide depuis le XVe siècle. Qui plus est, c’est une molécule très soluble dans l’eau.

D’après des chercheurs de l’Université d’État de San Diego ayant réalisé, en 2011, une étude sur des poissons de mer (Atherinops affinis) et d’eau douce (Pimephales promelas), un seul mégot de cigarette pourrait suffire à décimer la moitié d’une population de poissons nageant dans un litre d’eau (Source : Le Monde, 17 juillet 2018, Fumer nuit gravement à la santé des poissons).

A Bordeaux, par exemple

Aux Chartrons

Place Fernand Lafargue

Place Gambetta

Comment Agir ?

Ne jetons jamais rien par terre ! Que ce soit des emballages de barres chocolatées, des mouchoirs en papier, des mégots… Jetons-les dans les poubelles de rue ou les cendriers disposés à intervalles réguliers dans nos rues. Cela ne nous coûte rien mais contribue beaucoup à la protection de notre environnement proche.

En ville, jetons nos mégots dans les cendriers de rue prévus à cet effet, ou dans les poubelles de rue en l’absence de cendrier, après avoir pris soin de bien les écraser et éteindre. Ailleurs, utilisons des cendriers de poche.

Le tri des Mégots en flux dédié

Vous avez peut-être croisé ces cendriers au détour d’une rue d’une centre-ville de Bordeaux ? Avec les cendriers MéGo, c’est gagnant – gagnant : vous protégez l’environnement et soutenez une filière française du recyclage. Chaque mégot collecté est recyclé pour fabriquer ensuite du mobilier urbain.

Pour aller plus loin

Le danger des lingettes

Plus d’un foyer sur deux utilise des lingettes pour la toilette ou le ménage. Nettoyer les fesses de bébé, se démaquiller, désinfecter les toilettes, laver les sols… Autant d’utilisations qui se sont multipliées ces dernières années. Certes, les lingettes sont pratiques et transportables partout. Malheureusement, une fois usagées, elles finissent trop souvent leur course dans les toilettes puis dans le réseau d’assainissement. Or, même lorsqu’elles portent la mention « biodégradables » sur leur emballage, les lingettes perturbent le bon fonctionnement des installations d’assainissement (bouchage, débordements des réseaux…) et polluent le milieu naturel. Vous l’aurez compris : jeter les lingettes à la poubelle est un geste essentiel !  

Actualités

Voir toutes les actualités