Projection : "Lettre de Sibérie", un film de Chris Marker (1957)
Un récit de voyage tout en subjectivité, qui montre un pays bien loin du développement industriel et de la modernité qu’on lui prétend à cette époque.

SAMEDI 30 AOÛT — 18H
PROJECTIONS 16 MM
LETTRE DE SIBÉRIE
Chris Marker
France / 1957 / couleur / 62 min.
« Les mots peuvent faire dire tout ce qu’on veut aux images ».
Commande de l’Association France-URSS, initialement intitulé Baikal1, Lettre de Sibérie est un récit de voyage tout en subjectivité, entrepris par une équipe réduite de 4 personnages, à travers lequel le réalisateur Chris Marker montre un pays bien loin du développement industriel et de la modernité qu’on lui prétend à cette époque.
Le pays si lointain est un pays de l’imaginaire, un pays qui fascine. Tout y est possible. Aussi Marker le compare-t-il au « pays de l’enfance » et le narrateur de se souvenir : « Je vous écris du pays de l’enfance. C’est ici qu’entre cinq et dix ans nous avons été poursuivis par les loups, aveuglés par les Tartares, transportés avec nos armes et nos bijoux dans le Transsibérien. » Mais Marker prend soin de ne pas détruire les mythes. Sous couvert d’anecdotes diverses et variées, tour à tour historiques, scientifiques, sociales, critiques, réflexives, ludiques, etc., il n’en décrit pas moins la Sibérie de 1957, où la modernité des villes s’oppose à l’archaïsme de la campagne et des terres reculées. Le film s’achève sur un bilan on ne peut plus clair : le pays lointain « se trouve entre le Moyen Age et le XXIe siècle, entre la Terre et la Lune, entre l’humiliation et le bonheur. Ensuite, c’est tout droit. »
Un classique du cinéma documentaire, en projection 16 mm, précédé de deux beaux courts métrages :
AU PAYS DES RENNES
(Sarvtid)
Arne Sucksdorff
Suède / 1942 / n&b / 9 min. / vostfr
Arne Sucksdorff (1917-2001), considéré comme le père du documentaire suédois, se fait connaître au cours des années 40 et 50 au travers de remarquables courts-métrages, livrant une vision humaniste des relations entre l’homme et son environnement. Il fait ici le portrait d’une famille de nomades samis (lapons), dans un style documentaire classique, où l’existence est évoquée au travers des tâches quotidiennes (élevage, abattage, traite des rennes, apprentissage du lasso).
LÀ OÙ COURT LE RENNE
Documentaire soviétique des années 50 sur les Nénètses, peuple autochtone de Sibérie vivant à proximité du cercle polaire / n&b / 20 min. / VF