Reliant les rives de la Garonne, le pont Simone-Veil est une prouesse d’ingénierie. De la réalisation des fondations imposantes aux finitions minutieuses, chaque étape de ce projet monumental a été méticuleusement planifiée et exécutée pour créer un ouvrage à la fois fonctionnel et esthétique, s'intégrant harmonieusement dans son environnement urbain.
Long de 549 m et large de 44 m, le pont Simone-Veil repose sur 8 piles supportées chacune par 4 tubes d’acier remplis de béton armé nommés fûts de pile. Chacun de ces 32 tubes mesure 23 m de profondeur et 2,5 m de diamètre.
Opérations nécessaires à la réalisation des fondations et des piles
Chemisage et forage à -30 m de profondeur des 32 tubes en acier
Mise en place d’un tapis de gabions autour des tubes pour se prémunir de l’érosion du fond de la Garonne
Installation d’un caisson étanche temporaire autour de chaque tube, pour élever les 4 fûts de la pile à l’abri de l’eau
Bétonnage des fûts de pile
Démontage des caissons étanches pour réaliser le chevêtre (également appelé poutre de liaison) posé sur les 4 fûts de pile
Au fur et à mesure de l’achèvement des piles, la charpente métallique du tablier de l’ouvrage a été poussée par tronçons successifs au-dessus du fleuve, de la rive droite vers la rive gauche
La mise en place de la charpente
Le tablier du futur pont Simone-Veil se compose d’une charpente en acier de 5 800 tonnes supportant une dalle en béton, appelée hourdis.
Opérations nécessaires à l’installation de la charpente
Réception des tronçons de poutres fabriqués en usine et acheminés depuis Châteauneuf-sur-Loire. Chaque tronçon mesure 35 mètres de long et pèse 35 tonnes.
Assemblage et soudage des tronçons de la future charpente directement sur la berge de la Garonne en rive droite.
Poussage de la charpente par tronçons successifs à l’aide d’un système de treuils. Ce dispositif a nécessité quatre heures pour faire avancer les poutres de 90 mètres. L’opération a été répétée 24 fois pour mettre en place la totalité de la charpente depuis la rive droite jusqu’à la rive gauche.
La structure du pont a ensuite été complétée et finalisée par la dalle en béton, une fois la charpente métallique intégralement posée.
La réalisation de la dalle en béton
Le coulage de la dalle en béton correspond à la dernière étape de construction des éléments structurels du pont. Il est effectué « par pianotage », c’est-à-dire selon une technique répartissant équitablement et progressivement des dalles de béton sur toute la longueur du pont, pour en garantir la stabilité. L’objectif : assurer une bonne répartition des masses sur l’ensemble de l’ouvrage sans déformer la charpente.
Cette opération est réalisée demi-tablier par demi-tablier.
Une fois réalisés, les deux demi-tabliers sont ensuite réunis par clavage sur la partie centrale du pont.
Les équipements et les finitions
La dernière phase de construction des éléments structurels du pont étant achevée, les travaux se dirigent vers l’installation des équipements et la réalisation des finitions :
Réalisation de l’étanchéité de la dalle en béton (hourdis)
Mise en œuvre de la couche de roulement
Mise en place des différents équipements : joints de chaussée, garde-corps, dispositifs d’éclairages, bancs, dispositifs de retenue des voies pour encadrer les différentes voies de circulations…
La construction du pont Simone-Veil s’accompagne d’aménagements spécifiques sur les deux rives de la Garonne, ayant pour objectifs d’organiser la circulation et les échanges ainsi que de créer de nouveaux espaces publics.
En amont du chantier, des déviations ont été mises en place afin de maintenir la circulation sur les deux berges pendant toute la durée des travaux.
Les travaux d’aménagement de voirie, d’éclairage public et d’aménagement paysager des berges ont été menés en parallèle. Ainsi, 1150 arbres ont été plantés aux abords du pont.
L’ouverture du pont aux usagers a eu lieu début juillet 2024.
La Garonne, site Natura 2000, est un axe piscicole. Présentant des risques d'inondation, ce fleuve est un élément structurant du paysage au pied des coteaux de Floirac.
Le caractère urbain et industriel des lieux est historiquement lié aux activités portuaires de la Garonne : présence ponctuelle d’habitat, grands axes routiers structurants, zones de friches industrielles ou en cours de réaménagement.
La proximité avec le secteur inscrit au Patrimoine Mondial de l'UNESCO implique l'existence de vastes parcelles identifiées comme sensibles d’un point de vue archéologique de même que la présence en rive droite d’installations sur pilotis, les « carrelets », utilisés pour la pêche.
La Garonne est également un milieu naturel fréquenté par de nombreuses espèces animales, sur les milieux en friches notamment (triton palmé, crapaud calamite...).
Assainissement
Le projet va entraîner la réalisation de nouvelles surfaces de voirie, donc des débits supplémentaires d’eaux pluviales à gérer. La mise en place d’ouvrages d’écrêtement des débits et de dépollution avant rejet en Garonne est donc prévue.
Mouvements de sédiments
Les fondations des piles en rivière seront réalisées après extraction des matériaux par forage (vase, sable), cela afin de limiter l'incidence...
Seront aussi prises en compte les périodes sensibles pour les poissons migrateurs.
Suivi environnemental
Mise en œuvre de mesures de management environnemental sur le chantier.
Sensibilisation et information des responsables de chantier.
Mise en place d’un suivi de chantier pour assurer le bon déroulement des mesures préconisées.
Protection des espèces animales et végétales du milieu (Angéliques des Estuaires, espèces terrestres, individus amphibiens, petits mammifères).
Les acteurs impliqués dans le projet
Maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre…
Maîtrise d’ouvrage
Bordeaux Métropole
Représentant du maître d’ouvrage
Claude Mellier, Vice-présidente en charge des franchissements, Direction générale des mobilités
Direction des grands projets de mobilités
Maîtrise d’œuvre
Agence d’architecture OMA Rem Koolhas et Gilles Guyot