Une ZFE, pour quoi faire ?

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Mis à jour le 8 avril 2022

La mise en place d’une ZFE vise à limiter les émissions de polluants atmosphériques dans une zone densément peuplée, de manière à améliorer la qualité de l’air et donc mieux protéger la santé des personnes qui y vivent ou travaillent. Petit décryptage…

Les transports routiers, source de pollution atmosphérique

Chaque jour, un adulte inhale 10 000 à 20 000 L d’air. Cet air est quasi exclusivement constitué d’oxygène et d’azote, mais il peut également contenir des polluants qui présentent une gêne ou un risque pour la santé et l’environnement.
Si les sources de ces polluants sont multiples, les déplacements automobiles y contribuent pour une bonne part.

Qualité de l’air : Sources de pollution et effets sur la santé

L’origine des polluants atmosphériques en France. Source : CITEPA 2019

L’origine des polluants atmosphériques en France. Source : CITEPA 2019

Dans les grandes agglomérations, en effet, la circulation automobile dense est une des causes bien connues de pollution de l'air, entraînant le dépassement des concentrations réglementaires en particules fines (PM10 et PM2,5) et en dioxyde d'azote (NO₂). Parmi les polluants les plus connus et issus de la circulation automobile, on trouve :

  • des polluants primaires , directement issus de l’activité humaine : les composés organiques volatiles (COV), les oxydes d’azote, les particules…
  • et des polluants secondaires, comme l’ozone (O₃), issu de la transformation, sous l’effet du soleil, des polluants primaires que sont les oxydes d’azote

Les effets sur la santé de la pollution atmosphérique

Or, depuis plusieurs années maintenant, l’impact de la qualité de l’air sur la santé est scientifiquement admis.

Impacts sur la santé des polluants atmosphériques issus des transports routiers. Source : Ministère des Solidarités et de la Santé.

La pollution de l’air extérieur est classée comme cancérigène certain pour l’homme depuis 2013 par le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer, agence spécialisée de l’OMS.). Si ces effets concernent l’ensemble de la population, certaines catégories de personnes y seront plus sensibles et auront plus de risques d’en subir les conséquences néfastes : personnes âgées, femmes enceintes, nourrissons et jeunes enfants, personnes atteintes de maladies cardiovasculaires et respiratoires chroniques, de diabète ou dont le système immunitaire est affaibli.

Au-delà des décès, la pollution de l’air est aussi cause de nombreuses pathologies.
À court terme, durant les pics de pollution et les jours suivants, on constate :

  • une augmentation des taux d’hospitalisation, de mortalité, de crises cardiaques et de troubles pulmonaires ;
  • une aggravation des maladies chroniques existantes, cardiaques (arythmie, angine, infarctus, insuffisance cardiaque) ou respiratoires (maladie pulmonaire obstructive chronique, infection respiratoire, crise d’asthme) ;
  • l’apparition d’irritations oculaires et d’inflammation des muqueuses des voies respiratoires et des bronches.

À long terme, la pollution atmosphérique peut contribuer à l’apparition et l’aggravation de nombreuses affections :

  • maladies cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux…)
  • pathologies pulmonaires (asthme, bronchite chronique, bronchiolites, infections…)
  • cancers (en particulier des poumons et de la vessie)
  • naissances prématurées et développement déficient des poumons des enfants.

Les enfants sont particulièrement exposés car la concentration en polluant est plus forte à 1 m du sol (au plus près des pots d’échappement) qu’à 2m.

Dans le monde, la pollution de l’air cause (directement ou indirectement) environ 4,2 millions de décès chaque année (source : OMS).

En Europe, au sens large de zone géographique (et non de construction économique ou politique), il est estimé qu’environ 482 000 décès par an sont liés à la pollution de l’air extérieur (source OMS).

En France, près de 40 000 décès (soit 7% de la mortalité totale) seraient attribuables à une exposition des personnes âgées de 30 ans et plus aux particules fines PM2,5 (source : Santé Publique France).

En termes d’impact économique, la Commission d’enquête du Sénat sur le coût économique et financier de la pollution de l’air  estime que le coût total de la pollution de l’air (extérieur et intérieur) avoisine les 100 milliards d’euros par an en France, dont une très large part est liée aux impacts sanitaires.

En savoir plus sur l’impact de la pollution de l’air sur la santé

ZFE et Circulation alternée : ne pas confondre

Une ZFE-m est une mesure qui s’applique toute l’année pour agir sur la pollution de fond induite par le trafic routier. Des mesures complémentaires plus restrictives peuvent être activées par décision préfectorale lors des pics de pollution, comme la “circulation différenciée” (la différenciation des véhicules se basant également sur la vignette Crit’Air.