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Travailler à 33 mètres de profondeur, un vrai défi

Mis à jour le 15 octobre 2019

Celia Franchin, ingénieure méthode Eiffage Génie Civil réseaux revient sur le creusement du tunnel, à 33 mètres de profondeur.

C’est un micro-tunnelier de 50 tonnes, avec sa grande roue dentelée, qui va percer cette galerie de 750 mètres de long sous la Garonne. Mais il faut aussi des hommes pour le faire avancer et le réparer. Celia Franchin, ingénieure méthodes Eiffage Génie Civil Réseaux (en charge de l’étude et de la préparation « microtunnelage » pour le chantier Brazza), nous explique en quoi consiste ce travail.

Combien d’équipes travaillent-elles au fond du puits ?

Deux essentiellement. L’équipe chargée de la maintenance au niveau du micro-tunnelier pendant les phases d’arrêt du creusement. Et une autre, dans le puits, dédiée à la mise en place de chaque nouveau tube pour « pousser » le micro-tunnelier. Autant d’opérations réalisées à pression ambiante.

Des techniciens vont-ils entrer dans le tunnel pendant la phase de creusement ?

Oui mais l’accès au front est réservé à des opérations très spécifiques. L’état des outils doit être vérifié à mi-parcours, soit au bout de 400 m de forage environ. Le micro-tunnelier de Brazza est équipé d’un sas, d’une unité de pressurisation placée dans le tunnel et de compresseurs d’air respirable en surface. Pour accéder au front, il faut simultanément vider la boue de la chambre de concassage à l’arrière de la roue de coupe et la remplacer par de l’air sous pression pour contrer les arrivées d’eau. Une fois la partie accessible du micro-tunnelier mise à une pression d’air identique, il devient alors possible d’ouvrir les portes étanches d’accès au front et d’aller vérifier l’état des outils de la roue de coupe. Et s’ils sont endommagés, de les changer.

Ces opérations sont-elles pénibles physiquement ?

Très car le travail en milieu hyperbare est épuisant, les outils très lourds et la zone de travail exiguë. Cela équivaut à plonger à 30 m de profondeur pour travailler sauf que la pression est maintenue artificiellement et que l’eau est remplacée par de l’air respirable. La sortie de la zone pressurisée n’est possible qu’après une décompression progressive avec des paliers, comme lors de la remontée en surface des plongeurs. Les règles de sécurité sont très strictes et à respecter scrupuleusement.

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