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Passerelles : une oeuvre environnementale à St-Louis-de-Montferrand

Mis à jour le 23 juillet 2020

Au mois d’août, l’artiste plasticien Julien Mouroux investit une des Parenthèses de Saint-Louis pour la création d’une œuvre environnementale livrée mi-septembre 2020.

copyright Julien Mouroux

Invité à travailler dans le cadre du programme L’art dans la ville, Julien Mouroux a proposé de réaliser une œuvre environnementale et évolutive pour la parcelle des Parenthèses de Saint-Louis-de-Montferrand intégrée à la collection d’art public de Bordeaux Métropole.

L’artiste est le premier à investir cet espace, qui proposera chaque année une nouvelle création en phase avec le contexte particulier du territoire.

L’oeuvre

À partir des ressources présentes sur site, l’intervention artistique cherche à renouer symboliquement avec le fleuve par une œuvre de land art.

S’inspirant de techniques traditionnelles propres à l’artisanat du bambou, la proposition déploie un ensemble de structures végétales, les « passerelles », sur une séquence des berges du fleuve, située au niveau du 143/145 avenue de la Garonne à Saint-Louis-de-Montferrand.

Le parement des structures en lattes de bambou change d’aspect selon la position du regard. Les lignes souples s’élèvent en ondulations depuis le sol, les surfaces pleines et ajourées s’entrecroisent et guident le visiteur dans son cheminement vers le fleuve. 

Visible pendant un an, la perception de l’installation se renouvellera au fil des saisons et cette œuvre vivante et évolutive sera augmentée ou modifiée au gré des ateliers publics.

Une création participative

Le montage de l’œuvre associe relais locaux et habitants par la collecte de tissus récupérés (liens nécessaires à l’assemblage des sculptures) ainsi que par des séances de création collective tout public.

Qu’est-ce que le land art ? Né au XXe siècle, ce courant de l'art contemporain utilise dans ses créations les ressources (terre, bois, roche, végétaux...) et le cadre des espaces naturels dont il s’inspire. Si l'intervention des artistes est généralement réalisée à l’échelle du paysage, in situ, certaines œuvres sont parfois aussi destinées à être présentées en intérieur, expositions ou musées.

Les propos de l’artiste

En résumant la position du jardinier dans Le Jardin en Mouvement, Gilles Clément défend une perception rénovée du vivant qui anime ma pratique artistique : « Faire le plus possible avec, le moins possible contre. » (Le Jardin en Mouvement, Gilles Clément 1991, ed. Sens et Tonka) 

Si je privilégie une approche sensible au savoir du naturaliste, mes travaux restent motivés par le besoin de raconter une autre histoire de l’homme et de la nature.

J’ai choisi d’inscrire ma démarche sous le signe de la proximité ; j’explore le proche dans le choix des sites de création (friches et parcs), le simple en m’inspirant de techniques artisanales (couture, vannerie), le commun en puisant dans la foisonnante palette de matériaux qu’offrent les plantes pionnières et adventices.

L’abondance et la légèreté du matériau sont deux critères structurants dans mes travaux, où la récolte est toujours une étape essentielle et hautement symbolique. Tout est à puiser sans intermédiaire dans la nature. Mon processus créatif se nourrit de ce contact in situ avec la matière et c’est cette expérience (première impression de ce que pourrait être le génie du lieu ?) que je partage lors des séances de médiation.

L’artiste

Artiste plasticien, Julien Mouroux travaille dans et avec le paysage ; il en souligne les formes et les textures, en révèle les dynamiques, en exalte l’essence…

Au sein de chaque lieu où il est amené à travailler, il commence par s’imprégner de son environnement ; il l’explore, considère différents points de vue, devine les contours de ce qui pourrait s’y profiler, collecte les végétaux qu’il assemblera pour composer ses installations. 

Viennent ensuite les gestes, intuitifs et patients, et l’œuvre qui se dessine et que les promeneurs découvriront, au détour d’un bois, d’un parc ou d’une zone périurbaine.

À travers la pratique du land art, Julien Mouroux développe une réflexion sur l’environnement, l’art et la culture. Il aime travailler dehors, en prise avec les éléments ; il apprécie aussi les circonstances souvent fortuites qui permettront à ses œuvres de rencontrer un public : « Ce qui me plaît dans le land art, c’est que ce que je fais, je l’offre un peu par hasard aux gens ».

Les parenthèses de Saint-Louis, résilience d’un territoire. Les tempêtes Martin (1999) et Xynthia (2010) ayant provoqué la submersion d’une grande partie de Saint-Louis-de-Montferrand, les 15 parcelles les plus exposées en bord de Garonne ont été classées Zone d’extrême danger. Cette mesure a entraîné par la suite la démolition des habitations à risque et la réhabilitation des berges. Ces espaces, gérés conjointement par la Ville et Bordeaux Métropole, ont été reconvertis en lieux de convivialité ou de sensibilisation à la biodiversité, à l’art et au paysage. Le terrain des 143/145 avenue de la Garonne, où se tenaient précédemment des habitations, est dédié au programme d’art public métropolitain et accueille Passerelles en 2020-2021.

Quel calendrier ? 

  •  Septembre 2020 livraison de l’œuvre à l’occasion des Journées européennes du patrimoine  
  •  Automne, hiver 2020 et printemps 2021 ateliers de médiation et de création collective 
  •  Début été 2021 désinstallation

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