L’intra-rocade, bientôt zone à faibles émissions. Décryptage

Mis à jour le 1 septembre 2022

La pollution due au trafic routier est un enjeu de santé publique majeur. Pour réduire ses effets, Bordeaux Métropole s’engage dans la mise en place d’une Zone à Faibles Émissions ( ZFE) d’ici le 1ᵉʳ janvier 2025.
D'ici 2025, l'intra-rocade deviendra une zone à faibles émissions
Que sont les Zones à Faibles Émissions ( ZFE) ?

Ce sont des mesures de restriction de la circulation que les agglomérations de plus de 150 000 habitants doivent mettre en œuvre avant le 1ᵉʳ janvier 2025, pour lutter contre la pollution du trafic routier.

Concrètement, les ZFE sont des zones imposées par la loi « Climat et Résilience », dans lesquelles la circulation des véhicules les plus polluants est régulée voire interdite. Chaque agglomération décide du périmètre et de la périodicité (jours de la semaine, horaires) de cette zone. Seuls les véhicules possédant la vignette Crit’Air peuvent y accéder (selon le seuil défini).

À Bordeaux Métropole, le secteur du transport représente jusqu’à 75 % des émissions de dioxyde d’azote (NO₂) et 32 % des émissions de particules fines (PM10, notamment).

Le but des ZFE est d’améliorer la qualité de l’air et la santé des habitants / usagers de la zone, en diminuant les émissions d’oxydes d’azote (NO₂) et de particules fines.
De nombreuses villes d’Europe ont déjà mis en place l’équivalent des ZFE, les LEZ (Low Emission Zone). En France actuellement, 8 métropoles ont instauré ce dispositif et 6 autres s’y préparent, dont Bordeaux Métropole.

Pourquoi créer une ZFE dans la métropole bordelaise ?

Outre l’obligation légale à mettre en place une ZFE, il y a un véritable enjeu à limiter la pollution automobile pour préserver la qualité de l’air. Les relevés effectués par l’association ATMO Nouvelle-Aquitaine, chargée de la surveillance de la qualité de l’air, montrent régulièrement des niveaux proches des valeurs limites règlementaires pour les principaux polluants. 

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Il faut agir mais aussi prendre le temps nécessaire à la mise en place d’un dispositif adapté. Une consultation ciblée est donc en cours depuis mars 2022 et s’ouvrira au grand public d’octobre à décembre 2022. Elle permettra de recueillir les avis de chacun sur les modalités de mise en place (accès, horaires…) ainsi que les mesures d’accompagnement.

En savoir plus sur la consultation

Le calendrier du projet ZFE
  • Avril - septembre 2022 : consultation ciblée (professionnels, experts, groupe d’usagers…), sondage IFOP et rencontres avec les territoires voisins
  • Octobre 2022 - janvier 2023 : consultation grand public
  • 1ᵉʳ trimestre 2023 : bilan de la consultation
  • Courant 2023 : consultation réglementaire
  • 1ᵉʳ janvier 2025 : date limite réglementaire, donc obligatoire, de mise en œuvre de la ZFE
Ce qui est acté à ce jour

Le périmètre géographique

Il s’agit de l’ensemble de l’intra-rocade, ce qui englobe, totalement ou partiellement, 14 communes métropolitaines : Bègles, Bordeaux, Bouliac, Bruges, Cenon, Eysines, Floirac, Gradignan, Le Bouscat, Lormont, Mérignac, Pessac, Talence, Villenave-d’Ornon. La rocade sert de démarcation à la ZFE mais n’en fait pas partie de façon à éviter un report de trafic massif sur les voies parallèles.

Pourquoi ce choix de l’intra-rocade ?

  • Parce que cette zone comptabilise les deux tiers de la population métropolitaine. Or la loi impose que la ZFE abrite la majeure partie des habitants du territoire.
  • Parce que c’est dans ce périmètre que se trouve la plus grande offre de parcs-relais et de transports en commun.
  • Parce que la rocade délimite clairement la ZFE, ce qui permet aux usagers de bien identifier le périmètre d’application des restrictions de circulation.

La progressivité de la mesure

La ZFE devra être en place au plus tard le 1er janvier 2025. Elle sera déployée de manière progressive (phase pédagogique préalable, évolution possible des types de véhicules et/ou vignettes Crit’Air interdits à la circulation…).

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Ce qui reste à définir
  • Les types de véhicules concernés : poids-lourds, voitures, véhicules utilitaires, deux-roues motorisés… Tous les types de véhicules peuvent, à terme, être concernés. Des dérogations seront possibles pour certaines activités d’intérêt général.

Les premières études montrent qu’une action sur l’ensemble des véhicules routiers a des effets nettement plus importants sur la qualité de l’air qu’une ZFE contraignant uniquement les poids lourds et véhicules utilitaires légers.

  • La périodicité de cette ZFE, même si la tendance est souvent une application 7j/7 et 24h/24.
  • Le seuil Crit’Air d’accès à la ZFE intra-rocade. Les véhicules dont le classement sera identique ou supérieur au seuil retenu ne pourront plus circuler dans la ZFE.

Selon les études, une restriction jusqu’au Crit’Air 3 entraîne 23 % de baisse d’émission de dioxyde d’azote et 14 % des émissions de particules fines. Ces baisses sont de 6 % et 4 % si l’on retient une restriction jusqu’au Crit’Air 4 et au-delà.

  • Les mesures d'accompagnement : elles seront construites à l'issue de la consultation. Elles permettront :
    • d’encourager et faciliter le report vers des mobilités alternatives (bus, tram, train, vélo…) ;
    • de favoriser le changement de motorisation par le rétrofit (conversion vers l’électrique, le bioéthanol ou autre) ;
    • d’octroyer des aides pour changer de véhicule.

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Le sésame, c’est la vignette Crit’Air !

La vignette Crit’Air est un certificat de qualité de l'air, attribué aux véhicules en fonction de leur catégorie, de leur ancienneté et de leur carburant. Son classement correspond aux émissions polluantes en particules fines et dioxyde d'azote :

  • Crit’Air vert : le meilleur classement, celui des véhicules qui n’émettent ni particules fines ni dioxydes d’azote. Il s’agit des véhicules 100 % électriques.
  • Crit’Air « dégressive » de 1 à 5 : plus le numéro de vignette est élevé, plus le véhicule est polluant.
  • Certains véhicules très polluants, généralement très anciens, sont « non-classés ». Aucune vignette Crit’Air ne peut leur être attribuée.

La vignette est en vente uniquement sur le site du ministère de la Transition Écologique. Attention aux intermédiaires et aux sites frauduleux ! Seul le site du Gouvernement est valable. Le prix de la vignette est de 3,62 €, envoi compris. 

Bon à savoir : dès l'entrée en vigueur de la ZFE, si votre véhicule ne possède pas la vignette Crit’Air, vous pourrez être verbalisé (à hauteur de 68 € pour les véhicules utilitaires légers et 135 € pour les poids lourds).

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