Breaking : de l’underground à la flamme olympique

Mis à jour le 1 juin 2022

La finale du championnat de France de breaking 2022 aura lieu dimanche 12 juin à l'Arkea Arena de Floirac. Extrait de l’interview d’Hassan Sarr et Omar Remichi, danseurs professionnels et conseillers techniques de la Fédération française de danse.
Démonstration de breakdance par Omar Remichi et Hassan Saar à Bordeaux (c) Christophe Goussard

(c) Christophe Goussard

Le breaking a été reconnu sport de haut niveau en 2019 en France et il entre comme discipline sportive aux jeux olympiques de Paris 2024 : qu'est-ce que cela change pour vous, professionnels de la discipline ?

La discipline est née dans la rue il y a quarante ans

Hassan : Avant tout, une reconnaissance du statut des danseurs et une visibilité accrue pour un public plus large. La discipline est née dans la rue il y a quarante ans. Nous sommes la génération qui s'entraînait dans les gares et jouait dans les petits théâtres. On a ensuite rempli des Zéniths : nous voilà aux JO... Le breaking se démocratise. Aujourd'hui, les jeunes les plus prometteurs viennent de la ruralité, des endroits où l'on a beaucoup de choses à exprimer.

Omar : Tout cela va amener un souffle nouveau, d'autres pratiquants à partir de 2024, une économie développée. Avec Hassan et bien d'autres, nous sommes des salariés du breaking depuis plusieurs décennies. Notre rôle désormais, c'est l'éducation, la transmission. Il s'agit de veiller à ce que la performance sportive ne mette pas de côté l'art Hip Hop, cette identité très spécifique qui ancre le respect et les valeurs collectives au cœur des jeunes danseurs. Au niveau du territoire, nous espérons réussir à créer un Pôle international du Hip Hop. Des communes comme Villenave-d'Ornon sont déjà sur la dynamique.

Bordeaux Métropole accueille la finale du Championnat de France de Breaking le 12 juin à 14h à l’Arkea Arena de Floirac.

Réservez vos places en ligne (tarif 12 €)

Quel est votre rôle au sein de la Fédération française de danse ?

Omar : La Nouvelle-Aquitaine est la seule région en France à compter deux représentants du breaking à la Fédération ! Pour ma part, je suis conseiller en développement et viens par exemple de travailler sur la toute nouvelle certification professionnelle à destination des entraîneurs de breaking.

Hassan : De mon côté, je coordonne le corps arbitral national. Notre expertise, c'est notre héritage culturel au-delà du sport. Le moteur des breakers vient de la musique soul : c'est l'adaptabilité. Et c'est ce qui nous sert pour porter notre discipline jusqu'aux JO et préparer une finale du Championnat de France comme on n'en a jamais vu : un spectacle premium pour que tout le monde découvre le breaking !

Portrait de Omar Remichi et Hassan Saar à Bordeaux (c) Christophe Goussard

(c) Christophe Goussard

Omar Remichi : « Alger et Bordeaux, c'est comme mon père et ma mère »

Si vous entendez scander « Musicalité » lors d'un battle de breaking, vous pouvez être sûr qu'Omar Remichi alias B-boy Chakal est sur scène. C'est une histoire qui remonte à son enfance à Alger. Omar a tracé un chemin direct entre sa propre pratique des percussions et la danse professionnelle : « tout cela m'a donné une vibration palliant mon manque de souplesse ; une musicalité devenue mon point fort ».

Hassan Sarr : « Je suis un pur produit de la Rive Droite »

Né à Cenon, Hassan Sarr a grandi à Bordeaux en suivant de loin l'arrivée du Hip Hop en France, notamment le groupe Aktuel Force : « Les Rolling Stones du break ». C'est sa rencontre avec des mentors locaux qui le poussent à s'investir dans la discipline et à en faire son métier : « Très vite, Bordeaux est devenu trop petit, on a voyagé. Je milite désormais pour la considération des danseurs et la transmission de l'héritage culturel du break ».

Cette finale aura lieu le 12 juin à l'Arkea Arena de Floirac, ce sera comment ?

Une immersion dans une énergie portée par des DJ incroyables, de la musique en live et des animations inédites.

Omar : Les qualifications régionales, interrégionales, puis un battle « de la dernière chance » permettront de présenter 16 candidats pour cette finale : les 16 meilleurs danseurs de France. Pendant un peu plus de deux heures, ils s'affronteront un contre un sur plusieurs passages par catégorie : plus et moins de seize ans, filles et garçons. C'est une véritable expérience à vivre pour le public, une immersion dans une énergie portée par des DJ incroyables, de la musique en live et des animations inédites.

Hassan : Une belle occasion de comprendre l'esprit du breaking, ce mariage entre l'athlétique et l'artistique qui nécessite un vrai équilibre physique et stratégique. Et cet esprit fédérateur, cette émulation dans les crews, les équipes qui font corps avec leurs membres en compétition. Au début du Hip Hop, ces battles permettaient de régler les problèmes entre les gangs urbains rivaux en spectacle et non en bagarres de rues. Aujourd'hui, ils sont de magnifiques événements collectifs.

Lire l’interview complète dans le JOURNAL n°58 (Document Pdf 134 ko)

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