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Les artistes

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Mis à jour le 31 mai 2016

En 2013, le comité de pilotage a proposé d'inviter les artistes Shaina Anand et Ashok Sukumaran, Danica Dakić, Simohammed Fettaka, Andreas Fogarasi, Peter Friedl, Hideaki Idetsuki, Julia Rometti et Victor Costales, Bettina Samson, Suzanne Treister à travailler sur le projet.

S'y sont ajoutés Louidgi Beltrame et Olaf Nicolaï, et plus récemment Graziella Barsacq et Suzanne Lafont.

Cette liste n'est pas limitative. Elle évolue en fonction du projet, de l'intérêt des artistes pour la commande et des propositions qu'ils feront.

Retrouvez la biographie de chaque artiste

Bettina Samson

La Vase et le Sel (Hoodoo Calliope) est un orgue à vapeur, composé de 36 sifflets en bronze, installé en hauteur sur un socle posé sur la pelouse qui sépare l’usine de traitement et de valorisation des déchets Astria, à Bègles, du chemin de halage le long des rives de la Garonne.
L’orgue sera alimenté par de la vapeur haute pression distribuée directement par cette usine au moyen de tuyaux et de régulateurs.
Il se déclenchera deux fois par jour, au moment des étales de marée, pour jouer des compositions musicales évoquant de loin en loin la culture des Brass-Bands de la Nouvelle-Orléans.
La Garonne et l’Atlantique apparaissent dans cette installation comme des forces de flux guidant les échanges, migrations, résistances et appropriations culturelles. Les nuages de vapeur d’eau associés aux sonorités graves et étranges, proches du signal d’arrivée d’un bateau à vapeur, donneront en quelque sorte corps aux fantômes des échanges transatlantiques.

Née en 1978 à Paris, Bettina Samson vit et travaille à Aubervilliers. Elle puise dans l’histoire de l’art, de la culture populaire et des découvertes scientifiques les éléments d’un récit, réel ou fictif, comme bases d’une réalisation plastique, et opère des allers-retours dans l’histoire de la modernité. Elle délimite avec précision les formes et les matériaux aptes à condenser ses recherches, et compose des installations énigmatiques qui croisent des époques et des styles, des matériaux rares et des techniques inhabituelles.

Expositions récentes

  • Galerie Nara Roesler, São Paulo (Brésil), 2014
  • Galerie Baumet Sultana, Paris, 2013 et 2011
  • FRAC PACA, Marseille dans le cadre de Marseille Provence 2013
  • FRAC Île de France, Paris, et La Galerie, Noisy-le-Sec, 2013.
Danica Dakić

L'artiste

Née en 1962 à Sarajevo, Danica Dakić vit entre Sarajevo et Düsseldorf. Formée à l'Académie des Beaux arts de Sarajevo, l'Université des arts de Belgrade, et l'Académie des arts de Düsseldorf, elle enseigne aujourd'hui à la Bauhaus-Universität de Weimar.

Sa pratique artistique s'étend à la vidéo, au film, à la photographie et à l’installation, et interroge les liens qui constituent l’identité culturelle et personnelle, politique et géographique. Cherchant toujours à comprendre la complexité sociale des lieux dans lesquels elle est amenée à intervenir, son œuvre insiste sur l’importance décisive de la langue et de l’oralité dans la formation de l’identité.
Expositions récentes

  • KW Institute for Contemporary Art, Berlin (Berlin), 2015
  • Museum für Moderne Kunst, Francfort (Allemagne), 2013
  • Hammer Museum de Los Angeles (États-Unis), 2011
  • Museum of Contemporary Art de Zagreb (Croatie), 2010.

Participations

  • Paris Photo, Grand Palais, Paris, 2015
  • 6e Biennale de Moscou (Russie), 2015
  • Biennale de São Paulo (Brésil), 2015 et 2014
  • Marseille- Provence / Capitale Européenne de la Culture, 2013
  • Biennale de Kiev (Ukraine), 2012
  • Evento, Bordeaux, 2011.

L'oeuvre

Panta Rhei est le nom du cargo qui sera transformé en lieu de tournage sur la Garonne.

Ce nom, emprunté à la formule Ta Panta Rhei qui signifie Tout coule, dans le sens de Tout passe, attribuée à Héraclite et à sa théorie du lien indissoluble entre unité et changement, est le fil conducteur de ce processus de création cinématographique. Le bateau s’impose comme un espace d’imagination et de production d’images et d’histoires.
N’appartenant à aucun lieu, il est un espace flottant, oscillant sur la Garonne, qui vit par lui-même dans son propre temps. L’intrigue du film est développée à partir des légendes urbaines collectées dans le cadre de recherches artistiques auprès d’habitants de Bordeaux. Les discussions intenses et les échanges sur la jambe amputée de Sarah Bernhardt, la disparition du crâne de Goya ou certains lieux de la Seconde Guerre mondiale, alimentés par les conteurs et porteurs de rêves et d’utopies, de cassures et de traumatismes, produiront une fiction mouvante sur l’interaction du lieu et du souvenir, de l’histoire et de sa narration.

Hideaki Idetsuki

Hideaki Idetsuki, né en 1973 à Kanagawa (Japon), vit et travaille actuellement à Berlin.
Il s’est formé à la Musashino University of Art (Japon) en 1997.
Préoccupé par la distance entre les êtres humains et leur environnement, Hideaki Idetsuki cherche l’invisible à l’intérieur et autour des gens. Il vise à réintroduire la notion de l’existence quotidienne en la révélant à travers le banal, et à transformer chaque entreprise en une nouvelle idée. Son travail reflète de nombreux aspects de la vie japonaise et nécessite souvent une expérience immersive.
Dans le cadre de ses projets artistiques, il s’est ainsi essayé à divers métiers tels que : la pêche au thon, The Last Land, Experience in professional Tuna fishing, in Oma peninsula of Aomori, (Japon), 2003 ; la chasse à l’ours, The Magic Mountain : Experience in life style of the Master of the Bear Hunter, 2003, et n’a pas hésité à se lancer dans de longs voyages pour lesquels il a dû parcourir de très grandes distances à vélo ou à pied, sans toujours atteindre sa destination, pour faire l’expérience du temps et du trajet : Crossing Iceland 900 km by bicycle, failure according to bad weather and food shortages, 2001 ; Walking around in Inis Meain Island on foot , 2000 ; To Continent / Crossing in Ireland : Galway to Amsterdam by bicycle, ship, and friendship, 2000 ; Riding through Eastern Japan,1.200 km, Ogasawara islands in Tokyo to Wakkanai in Hokkaido by bicycle, 1997 ; To East : Keep riding bicycle to east / from night to the morning, 1996 ; Wandering in Tokyo : trace a semicircle of Tokyo Bay on foot, 1996 ; Walking in Tokyo (Walking the whole day, 40 km), 1995 ; etc.
Hideaki Idetsuki a participé à la manifestation Echigo-Tsumari Art Triennale au Japon en 2012 et 2006, et expose en Europe ainsi qu’en Amérique Latine. Récemment, ses travaux étaient visibles à la Kunstraum Kreuzberg / Bethanien, Berlin (Allemagne), 2014.

Louidgi Beltrame

Louidgi Beltrame est né à Marseille en 1971. Il vit et travaille à Paris (France).
Diplômé de l’École Nationale Supérieure des Beauxarts de Marseille et du Fresnoy – Studio National des Arts contemporains, Louidgi Beltrame a intégré le Pavillon Laboratoire de recherche du Palais de Tokyo à Paris en 2003.

Aux côtés de la photographie et du dessin, les principaux media d’expression artistique qu’il utilise pour donner forme à ses recherches sont le film, la vidéo et l’installation.
Le travail de Louidgi Beltrame se développe autour d’une documentation des modes d’organisation humaine dans l’Histoire du XXe siècle. Il se déplace sur des sites définis par une relation paradigmatique à la modernité : Hiroshima, Rio de Janeiro, Brasilia, Chandigarh, Tchernobyl ou encore la colonie minière de Gunkanjima au large de Nagasaki. Ses films – qui reposent sur l’enregistrement du réel et la constitution d’une archive – font appel à la fiction comme une manière possible d’envisager l’Histoire.
Ses travaux ont fait l’objet d’expositions et de séances de projection au Musée du Louvre, Paris (France), 2013 ; à la Galerie Jousse Entreprise, Paris (France) 2014, 2012 et 2008 ; au Centre Pompidou, Paris (France), 2011 ; à la Fondation d’entreprise Ricard, Paris (France), 2010 ; au Jeu de Paume, Paris (France), 2006 ; entre autres. Louidgi Beltrame a également effectué plusieurs résidences dont notamment : Capacete à Rio de Janeiro, V-tape à Toronto, la Villa Médicis Hors les Murs et la Cité Internationale des Arts à Paris.

Olaf Nicolaï

Né en 1962, à Halle (ex-RDA), Olaf Nicolaï vit et travaille à Berlin (Allemagne).
Formé à l’École des Arts Appliqués de Schneeberg (Allemagne), il a étudié la littérature allemande et la philologie dans les universités de Leipzig (Allemagne), Budapest (Hongrie) et Vienne (Autriche), et est titulaire d’une thèse sur le « Wiener Gruppe » (Groupe de Vienne).

En abordant le monde contemporain comme un paysage de consommation, ce sculpteur conceptuel, artiste vidéaste et performeur, recycle les détritus de la culture occidentale comme un ethnologue de l’aliénation. Dans tous ses travaux, la place du corps des spectateurs dans l’espace historique et leur communion avec les autres est primordiale.
Une composante clé de bon nombre de ses travaux de recherche est la relation entre le modernisme et les histoires politiques et économiques, dont les références incluent Le Corbusier, Jean Genet, Ad Reinhardt et Marcel Duchamp.
Ses travaux ont été exposés dans de nombreuses institutions internationales. Dernièrement, il a exposé au Museum Junge Kunst, Francfort (Allemagne), 2014 et à la Kunsthalle de Bielefeld (Allemagne), 2014, entre autres.
Par le passé, il a participé à la Biennale d’Athènes (Grèce), 2007 ; à la Biennale de Sharjah (Émirats arabes unis), 2005 ; à la Biennale de Venise (Italie), 2005, 2001 ; à la Biennale de Sydney (Australie), 2002, à Documenta 10, Kassel (Allemagne),1997 ; etc.
Olaf Nicolaï fait partie des artistes sélectionnés pour participer à l’exposition du Pavillon allemand lors de la prochaine Biennale de Venise, en 2015.

Peter Friedl

L'artiste

Peter Friedl est né en 1960 à Oberneukirchen en Autriche.
Explorant les marges du modernisme, Peter Friedl questionne l’opposition usuelle entre esthétique et politique pour tenter de les rapprocher. Son travail se concentre sur des représentations imbriquant pouvoir, genre, narration, identité, langage et Histoire. Pour lui, les images contiennent toujours des points aveugles. Les « oeuvres archives » qu’il constitue manifestent des tensions entre histoire personnelle et collective ou figures populaires et anonymes. Le monde ainsi documenté se retrouve à la fois proche et distant ; tout est fait pour permettre le recul critique.

C’est avec une extrême précision qu’il se joue de toutes les conventions du monde de l’art et par-delà, et qu’il débusque les germes idéologiques cachés, les contradictions dissimulées des systèmes sociaux, l’hypocrisie et le mensonge qui en découlent.
Il dévoile les instances invisibles de la censure, de l’autocensure comme de la censure extérieure, qu’elle soit du domaine privé ou du domaine public.
Le travail de Peter Friedl a été exposé récemment au Centre d’art contemporain La Synagogue de Delme, Delme (France), 2014 ; à Artspace, Auckland (Nouvelle-Zélande), 2014 ; au Lieu Unique, Nantes (France), 2013. Il a également participé à de nombreuses manifestations internationales : Biennale de Taipei (Taïwan), 2012 ; La Triennale, Paris (France), 2012 ; Biennale de Tirana (Albanie), 2009 ; Manifesta 7, Trente (Italie), 2008 ; 7e Biennale de Gwangju (Corée du Sud), 2008 ; 28e Biennale de São Paulo (Brésil), 2008 ; Documenta XII et X, Kassel (Allemagne), 2007 et 1997 ; 2nde Biennale de Séville (Espagne), 2006 ; 3e Biennale de Berlin (Allemagne), 2004 ; 48e Biennale de Venise (Italie),1999 ; etc.
Son travail a également  fait l’objet de grandes expositions monographiques dans des lieux divers : Extra City, Anvers (Belgique), 2008 ; Kunsthalle Basel, Bâle (Suisse), 2008 ; MACBA, Barcelone (Espagne) / Miami Art Central, Miami, (USA) / Musée d’art contemporain, Marseille, (France), 2007 ; Witte de With, Rotterdam (Pays-Bas), 2004 ; etc.
Depuis les années 80, Peter Friedl a publié de nombreux essais et livres tels que Four or Five Roses (2004), Working at Copan (2007) et Playgrounds (2008).
Une sélection importante de ses textes et entretiens a été publiée en 2010 sous le titre Secret Modernity.

L'oeuvre

Peter Friedl souhaite transposer une exploration filmée d'une pièce de théâtre de Marivaux, L'île des esclaves, sur une île appelée à disparaître dans l’Estuaire de la Gironde. L'îlot, bientôt submergé par les eaux, devient le lieu idéal, l'espace-temps unique de la représentation, une sorte d'état d'exception esthétique.
L'île des esclaves, présentée pour la première fois en 1725, est contemporaine du développement du commerce triangulaire et de la traite négrière atlantique qui ont contribué à enrichir Bordeaux.
Si ce contexte historique est important, et si l'étude de la construction des concepts le préoccupe, Peter Friedl ne cherche pas à réécrire l'Histoire, ni à livrer une interprétation du texte de Marivaux. Le théâtre est ici motif et matériel d'une performance captée proposant une vision kaléidoscopique du territoire, faite de fragments épars et complexes, et qui mêle gestes historiques et contemporains.

Rometti Costales

Le duo d’artistes Julia Rometti (née à Nice, France,en 1975) et Victor Costales (né à Minsk, Biélorussie, en 1974) s’est formé en 2007.

Adoptant le rôle d’archéologues autodidactes, de touristes excentriques en constante déambulation, Rometti et Costales engagent de vastes recherches qui les conduisent dans des jungles, déserts, jardins, autoroutes, archives, bibliothèques, chez les bouquinistes, etc. Ils s’aventurent dans des champs de connaissances étendus, pouvant aller de la littérature à l’histoire en passant par certains domaines de la pensée scientifique.
Leur travail est également influencé par un éventail d’auteurs anonymes qu’ils ont rencontrés dans différentes villes (São Paulo, Lima, Santa Cruz, La Paz, Cuidad del Este, Quito, Huaquillas, Brasilia, Rio de Janeiro, etc.), véritables viviers d’inspiration pour leurs productions nomades, et leurs recherches sur le fonctionnement structurel de la curiosité humaine et de l’invention. Ils s'intéressent aux images de sources différentes (cartes postales, magazines, posters, journaux, imagerie populaire et leur propre travail photographique…) qui représentent des espaces modifiés par l’activité humaine et notamment par des phénomènes de densification et de croissance urbaine.
Le travail prend forme suite à des recherches, à la collecte de documents, et à leur classement en banque de données. Les images trouvées sont patiemment affinées jusqu’à atteindre leur forme la plus élémentaire. Les photographies, projections et collages qui en résultent peuvent témoigner de l’histoire et du patrimoine des sites concernés, mais aussi de certains stéréotypes omniprésents dans l’imagerie populaire, et permettent de construire une fenêtre sur une vue élargie du monde.

Julia Rometti et Victor Costales ont effectué des résidences et exposé leurs travaux dans de nombreux pays d’Amérique Latine et d’Europe, sans compter les États-Unis, entre autres. Dernièrement, ils étaient visibles à la Kunsthalle Basel, Bâle (Suisse), 2014 ; au Midway Contemporary Art, Minneapolis (États-Unis), 2013 ; à L’appartement 22, Rabat (Maroc), 2013 ; au Frac Alsace à Sélestat (France), 2013 ; ou encore au Centre d’Art Contemporain de Quito (Équateur), 2013. Le duo a également participé à des manifestations internationales telles que la biennale internationale de Cuenca (Équateur) en 2014, Arco Madrid (Espagne) en 2013, la FIAC à Paris (France) en 2013 et 2012.

Comment naissent les oeuvres : retrouvez le reportage réalisé à l'occasion de la venue du duo d'artistes en février 2015 en page 15 du n°31 du Journal de Bordeaux Métropole.

Shaina Anand et Ashok Sukumaran

Shaina Anand est née en 1975 à Mumbai (Inde), où elle vit et travaille.

Cinéaste et artiste-média, elle a étudié le film et la vidéo au St Xavier's College de Mumbai, ainsi qu'à la Temple University de Philadelphia.
Son travail est alimenté par un intérêt pour les médias et les politiques d’information, et développe une approche critique de la forme et du procédé du documentaire.
Dans ses projets de « vidéo étendue », elle crée de nouveaux assemblages des médias contemporains - télévision, câble, micro-vidéo, équipements de surveillance, archives vidéo – offrant de plus grandes possibilités au récit et défiant les conventions de la capture d’image et de la distribution.
Shaina Anand s’investit dans une pédagogie expérimentale au travers de divers ateliers et projets collaboratifs tels que ChitraKarKhana (unité indépendante pour les médias expérimentaux) qu’elle fonde en 2001 à Mumbai, ou Pad-ma, un site d’archives vidéo en ligne créé en 2007 avec Ashok Sukumaran et d'autres.

Ces dernières années, Shaina Anand a exposé au Musée d’art contemporain de Lyon (France), 2011 ; à la Biennale de Sharjah (Émirats arabes unis), 2011 ; à Power Plant Toronto (Canada), 2008 ; à la Serpentine Gallery, Londres (Royaume-Uni), 2008 ; au Cyperpipe, Ljubljana (Slovénie), 2006.
Ses travaux ont été primés dans le cadre de Ars electronica à Linz (Autriche) en 2009 et 2006.

Ashok Sukumaran est né à Sapporo (Japon) en 1974 et vit actuellement à Mumbai (Inde). Il détient un diplôme d’architecte de l’École de Planification et d’Architecture de New Delhi (Inde) et a également étudié au sein de la University of California, Los Angeles (États-Unis).

Son travail récent traite du rapport entre l’habitat humain et les prétendues technologies « incorporées ». Il utilise du matériel simple, des combinaisons logicielles pour engendrer un travail d’enquête. Nombre de ses projets ont imaginé des croisements entre art contemporain, informatique, art cinétique, télégraphie, pré-cinéma et architecture. Cette approche englobe les problématiques actuelles et historiques, aussi bien dans les basses et hautes technologies que dans les nouveaux médias et les conceptions de la virtualité, des réseaux et de la participation des visiteurs.
En 2007, en collaboration avec Shaina Anand, il a engagé un projet à long terme sur l’électricité et l’urbain. Son travail a reçu le prix Golden Nica, lors du festival Ars Electronica, Linz (Autriche) en 2007 et le premier prix d’Art numérique « DigiArts » de l’UNESCO en 2005.
Shaina Anand et Ashok Sukumaran sont tous deux les co-initiateurs de CAMP, une plateforme collaborative qui cherche à ouvrir un espace pour les démarches artistiques radicales basées sur la trans-disciplinarité. Le groupe est composé d’artistes, programmateurs, agents culturels, qui travaillent l’histoire et les politiques des technologies, de l’expérimentation vidéo et audio, des bases de données et des formes de réseaux.
Tant dans la recherche que dans la production de nombreuses formes et plateformes (radio, audio, vidéo, films, livres, software, hardware et autres techniques assemblées ou mixtes), CAMP vise à concevoir de nouveaux espaces pour le mouvement et la pensée. Explorant les problématiques relatives aux médias, ce projet cherche à créer des structures de support, des rythmes de production et de distribution permettant de travailler collectivement sur les défis auxquels font face les pratiques culturelles à Mumbai, en Inde et dans le monde.

Avec CAMP, Shaina Anand et Ashok Sukumaran ont participé à la Biennale de Shangai (Chine), 2015 ; à la Biennale de Sharjah (Émirats arabes unis), 2013 ; à la Documenta 13 à Kassel (Allemagne) en 2012, et ont récemment conclu une revue de leurs travaux en cinq parties, à travers une série d’expositions personnelles en Inde.

Simohammed Fettaka

L'artiste

Simohammed Fettaka est né en 1981 à Tanger, au Maroc. Il est actuellement basé entre Tanger et Paris.
Artiste multidisciplinaire, il s’est formé à Tanger puis à l’Université d’été de la Fémis (École Nationale Supérieure des Métiers de l’Image et du Son, Paris), à la suite de laquelle il a produit des documentaires ainsi que des vidéos expérimentales.
Il est le fondateur du Festival «Cinéma Nachia» à Tanger et a beaucoup collaboré avec la Cinémathèque de la ville. Il est aussi musicien et compositeur.

Porté avant tout vers le film, son travail couvre également plusieurs formes artistiques : l’art contemporain, la photographie, le collage ainsi que la création sonore. Son interprétation personnelle des représentations graphiques est basée sur la mémoire collective. Il cherche à mettre en question l’esthétique politique et la construction du réel autour des images iconiques. L’expérience visuelle individuelle doit ainsi nous mener à revisiter notre sens de nous-mêmes.

Le travail de Simohammed Fettaka a été exposé dernièrement à La Gaîté Lyrique, Paris (France), 2014 ; au MuCEM, Marseille (France), 2014 ; au Centre Pompidou, Paris (France), 2013 ; au Victoria and Albert Museum, Londres (Royaume-Uni), 2012 ; ainsi que dans le réseau de l’Institut Français au Maroc à Casablanca (2014) et Rabat (2013, 2012). Il a également participé à de nombreuses manifestations dont la Biennale de Marrakech 5 (Maroc), 2014 ; la Biennale Mediterranea 16, Ancona (Italie), 2013 ; la Biennale de la Méditerranée, Thessalonique (Grèce), 2011 ; la Biennale Nord et Sud, Grenoble (France), 2011 ; Kër Thiossane, off Biennale Dak’art, Dakar (Sénégal), 2010 ; le Salon des livres et des Arts, Tanger (Maroc) 2010 ; Arab Film Independent, Caire (Égypte), 2009 ; Los Tres Culturas, Séville (Espagne), 2008.

L'oeuvre

Le projet de Simohammed Fettaka s’est cristallisé autour de deux découvertes : celle de Bordeaux et ses environs et celle de l’œuvre et l’existence de Friedrich Hölderlin.

De ces découvertes est née une volonté de travailler l’association de deux matières à travers un projet filmique : une matière concrète, immédiate et naturelle, les paysages et atmosphères propres au bordelais, et une matière fictionnelle, l’histoire du poète allemand Friedrich Hölderlin.
est l’histoire d’un jeune écrivain en quête de reconnaissance. Venu pour enseigner la langue arabe aux enfants d’une famille bordelaise, ses aspirations sont brouillées au moment où il fait une curieuse découverte au bord de la Garonne. Sous le regard lointain d’un homme mystérieux et reclus, le personnage s’égare alors dans une série de visions étranges et aliénantes. Il s’engage dans une quête poétique et existentielle qui le conduit systématiquement vers les eaux du fleuve, jusqu’à la submersion.

Le tournage

Produit par la société Dublin films, basée à Bordeaux, le tournage du film s'est déroulé du 6 au 30 avril 2015.

L'équipe est intervenue sur les rives de la Garonne, dans des rues de Bordeaux, au Château de Fongravey à Blanquefort ou encore à la piscine de Bègles et à la base sous-marine.
Les dernières scènes ont été réalisées en studio aux Terres Neuves à Bègles, pour la reconstitution d'une salle des antiquités grecques du Musée du Louvre.

Voir le reportage photo de Maitetxu Etcheverria :

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Suzanne Lafont

Après un parcours universitaire qui l’a conduite à s’intéresser au langage et à sa mise en situation, elle choisit de poursuivre cette recherche dans le contexte d’une pratique artistique.

Dès le début, son travail photographique s’appuie sur la participation de modèles-performeurs et se concentre sur la figuration du temps et du mouvement dans l’image fixe. Par la suite, ces figures mobiles seront inscrites dans des situations qui, pour les travaux récents, font intervenir le langage. Le projet de l’artiste se développe dans un champ post-médiatique de la photographie où sont déplacées les modalités du théâtre, de la performance, du cinéma, de la littérature.

Suzanne Lafont a participé aux Documenta 9 et 10 à Kassel (Allemagne) en 1992 et 1997. Elle a exposé au Jeu de Paume (Paris) en 1992, au MoMA (New York) en 1992, à la Pinacoteca do Estado (São Paulo) en 2005, au Mudam (Musée d’Art Moderne G.D. Jean,  Luxembourg) en 2011. Une exposition monographique vient de lui être consacrée à Carré d’art (Nîmes) en 2015.

Suzanne Treister

L'artiste

Née à Londres en 1958, Suzanne Treister a étudié à la St Martin’s School of Art de Londres de 1978 à 1981 et au Chelsey College of Art and Design de Londres en 1981-1982. Elle est désormais basée à Londres après avoir vécu en Australie, à New York et à Berlin.

Initialement reconnue en tant que peintre dans les années 80, elle est devenue une pionnière dans le champ du digital au début des années 90, en proposant des travaux autour des nouvelles technologies, et en développant des mondes fictifs et des organisations collaboratives internationales.

Par le biais de nombreux media – vidéo, internet, technologies interactives, photographie, dessin, aquarelle – Suzanne Treister a élaboré un large ensemble de travaux qui intègrent les récits excentriques et les champs de recherche non conventionnels, afin de révéler les structures qui relient le pouvoir, l’identité et le savoir.

Souvent étendus sur plusieurs années, ses projets comprennent des réinterprétations fantastiques des taxonomies données et des histoires qui examinent l’existence de forces secrètes, invisibles et à l’œuvre dans le monde, qu’il s’agisse de celui de l’entreprise, du militaire ou du paranormal.

Expositions récentes

  • Centre Pompidou, Paris (France), 2015
  • Institute of Contemporary Arts, Londres (Royaume-Uni), 2015
  • Biennale de Montréal (Québec), 2014,
  • Galerie Annely Juda Fine Art, Londres (Royaume-Uni), 2013
  • Cleveland Institute of Art, Ohio, (États-Unis), 2013,
  • Galerie P.P.O.W., New York (États-Unis), 2013
  • Science Museum de Londres (Royaume-Uni), 2012
  • Palais de la Sécession, Vienne (Autriche), 2012.

L'oeuvre

Vril – Le Puits – L’Observatoire
Suzanne Treister imagine la métamorphose d’un navire de guerre gisant au fond de la Garonne en une navette spatiale « Vril ».
Les Vril constituaient une société et une puissance imaginées par l’écrivain Edward Bulwer-Lytton  en 1871 dans son roman La Race Future, dans lequel il décrit une Utopie générée par technologie sous la surface de la Terre, avec des êtres capables de maîtriser un pouvoir leur permettant de  contrôler toutes les formes de matière. Plus tard, des écrivains ont employé l’expression « force du Vril » en référence à des OVNI.

Proche des idées de Jacques Ellul, penseur de la société technicienne et de la modernité, elle souhaite créer un pavillon dans le style du Petit Trianon à Versailles, sur la promenade des quais, qui abriterait une bibliothèque rassemblant ses travaux et encourageant le passant à les découvrir. Elle envisage d’installer au centre de ce pavillon un puits descendant jusqu’aux eaux de la Garonne, ces eaux qui, sans l’aide de la technologie, pourraient remonter et jaillir comme une fontaine et détruire les livres de la bibliothèque, créant et représentant ainsi une tension physique des idées.

Afin de donner aussi une place à la diversité des réflexions  activée par la science-fiction, l’espace, l’univers, les théories des futures technologies, les dystopies et les utopies ainsi que par les débats à la fois historiques et actuels sur les sociétés  technologiquement avancées et la direction que l’avenir est en train de prendre, elle a l’idée d’installer une bibliothèque sur tous ces sujets dans le Grand Équatorial de l’Observatoire de Floirac, permettant au public de consulter les ouvrages mis à sa disposition tout en profitant de la lunette d’observation du site.

Cette proposition formerait ainsi, avec la navette spatiale Vril et Le Puits, un triangle physique, un triptyque, à travers la ville et des deux côtés du fleuve, incarnant cette effervescence de concepts et de discussions.

Consulter le texte intégral du projet

Photomontages : B O L D

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