Partager sur facebook Partager sur twitter Imprimer la page Enregistrer la page en document PDF

Bordeaux Métropole à l'heure de la grande vitesse

Mis à jour le 6 janvier 2017

Inaugurée le 2 juillet 2017 pour son arrivée à Bordeaux, la Ligne à Grande Vitesse Sud Europe Atlantique va raccourcir le temps de parcours entre Bordeaux et Paris.

302 km en 2h04

La LGV Sud Europe Atlantique s’étend entre Tours et Bordeaux sur 302 kilomètres dont 38 de nouveaux raccordements.

Baptisée « L’Océane » par la SNCF, cette ligne sera pourvue de nouveaux TGV de 556 places comprenant des améliorations de confort.

La vitesse atteinte, entre 300 et 320 km/h, porte le trajet Paris-Bordeaux à 2h04 contre 3h14 minimum actuellement.

La liaison comptera un peu plus de 18 allers retours directs quotidiens entre les deux villes et 33,5 trajets au total chaque jour avec les dessertes (Angoulême, Poitiers, Tours). Un train par heure en journée, un toutes les 30 mn en heures de pointe.

Un investissement majeur, des retombées économiques locales

Le coût de cette LGV est de 7,8 milliards d’euros, financés par SNCF Réseau (2 milliards), les collectivités locales, l’État, et l’Europe (3 milliards) et Lisea (3,8 milliards), une filiale du groupe Vinci, constructeur de la ligne, via un Partenariat Public-Privé.

Lisea sera gestionnaire de la LGV pendant cinquante ans. Les opérateurs, principalement la SNCF, lui verseront une redevance calculée au kilomètre.

Quelques chiffres ont été rendus publics quant aux retombées économiques du chantier:

  • 750 millions d’euros de chiffres d’affaires pour les entreprises locales entre 2011 et 2013,
  • 12 000 emplois sur 5 ans.
  • Le projet de cette LGV comprend deux prolongements à partir de Bordeaux, qui comptent pour l’instant un certain nombre d’incertitudes : vers Toulouse (1h de trajet) et vers Bilbao (1h45).

La métropole et ses voisins de la Nouvelle Aquitaine

La LGV aura aussi des conséquences pour la circulation au sein de la grande région:

  • Tours sera à 1h38 de Bordeaux,
  • Poitiers sera à 1h05 de Bordeaux
  • Angoulême sera à 35 mn. de Bordeaux

En passant par Bordeaux, d’autres villes proches verront leur temps réduits pour rejoindre Paris (voir encadré). La Nouvelle Région a ainsi réorganisé avec la SNCF les horaires et trajets des TER et prévoit également dans les prochaines années des trains à grande vitesse pour accentuer ces liaisons. 27 villes devraient ainsi bénéficier des effets de la LGV.

Les temps de parcours en 2017

5 questions sur l'effet LGV

Marie Delaplace (DR)

Marie Delaplace

Professeure à l’UPEM (Lab’Urba-École d’urbanisme de Paris), Marie Delaplace conduit des recherches sur les Lignes à Grande Vitesse et leurs liens au développement économique local depuis 2003. « L’effet TGV » est, pour elle, très différent selon les villes.

Les LGV ont-elles modifié les déplacements en France et le rapport au territoire ?

Marie Delaplace : Au-delà de la LGV ce qui est fondamental, c’est le service. Dans une ville desservie sur une LGV mais où 2 ou 3 TGV s’arrêtent par jour, le service est si faible que les impacts sur le développement sont limités, à la différence d’une desserte importante, comme à Bordeaux. Les LGV peuvent modifier les déplacements pour des individus ayant une bi-résidentialité, qui travaillent par exemple à Paris et habitent ailleurs le week-end, s’ils peuvent faire un aller-retour dans la journée.

Bordeaux me semble loin de Paris pour cela. Le prix du billet est aussi multiplié par deux voire plus en période de pointe, par conséquent, ce sont davantage les cadres qui l’utilisent, même s’il y a des tarifications comme les Prems, Ouigo…

Est-ce que l’habitat peut se répartir plus largement autour d’une métropole, dans le département, du fait de la LGV ?

M.D. : Bordeaux-Paris sera à deux heures mais vous n’habitez pas à la gare Saint-Jean et votre lieu de travail n’est pas à Montparnasse ! Sans oublier que l’on part plus tôt pour ne pas rater son TGV. De porte à porte, les temps de parcours sont plus importants.

Si les modes de transport dans la métropole et les trains régionaux sont bien structurés pour arriver à la gare (i.e. si la question de l’intermodalité est bien gérée), cela peut faciliter une répartition de l’habitat plus large mais si vous habitez par exemple à 30 minutes de la gare, il semble difficile de prendre ensuite un TGV quotidiennement.

Est-ce qu’il y a un effet LGV sur l’immobilier, une montée des prix avec l’arrivée de ménages parisiens ?

M.D. : C’est un peu de l’ordre du mythe. Il y a des prophéties autoréalisatrices : les agences immobilières, les promoteurs, la population… l’air ambiant dit que la LGV va arriver et que les prix vont monter. Cela précipite les achats, la demande est plus importante et donc les prix montent. Mais une fois que la LGV est arrivée et que l’on ne constate pas de déménagements massifs de Franciliens, les prix reprennent l’évolution qu’ils avaient avant.

Quel est votre regard sur la LGV qui arrive à Bordeaux ?

M.D. : Je viens à Bordeaux depuis plus de 20 ans, cette ville a complètement changé avec un dynamisme certain en matière de tourisme. La LGV peut accroître ce tourisme urbain, de même que le tourisme d’affaires, à condition qu’il y ait la capacité d’accueil en termes de palais des congrès et d’hôtels de qualité.

Il y a une qualité de vie qui peut jouer un rôle important pour l’attractivité. La LGV est aussi un vecteur d’image, un outil qui doit être utilisé au service de politiques d’accompagnement en matière de tourisme, d’immobilier d’affaires, de réorganisation des transports dans la ville.

Est-ce que la LGV peut jouer un rôle avec d’autres villes que Paris ?

M.D. : La LGV va rapprocher Bordeaux de Poitiers, Tours, Angoulême, ce qui peut conforter sa place de grande métropole régionale. Pour les étudiants de Poitiers par exemple, Bordeaux peut-être un vrai choix par rapport à Paris si les universités de la métropole bordelaise proposent des formations suffisamment intéressantes.

La LGV oblige les villes à être attractives pour en espérer un bénéfice et cette meilleure accessibilité ne doit pas être pensée que vis-à-vis de Paris. L’enjeu est de renforcer la cohésion régionale au sein de la nouvelle grande région.

Retrouvez cet entretien dans le journal n°38 de Bordeaux Métropole.

La LGV en vidéos

Actualités

Voir toutes les actualités